dimanche 8 mars 2009

Le modèle québécois: "Stuff the Beast"

Il existe une expression en anglais, qui résume en peu de mots une stratégie qui vise à forcer le gouvernement à réduire de façon substantielle la taille de l’État : "Starve the Beast ".

"Affamer la Bête" - la Bête étant l’État - vise donc à imposer une camisole de force au gouvernement en le privant de revenus. En abaissant les impôts et les taxes, les partisans de cette approche étaient d’avis que le gouvernement, faute d’argent, en viendrait nécessairement au constat qu’il lui faut élaguer certains programmes sociaux, réinterroger certains droits acquis et assainir globalement la gestion des fonds publics.

Cette approche, populaire sous l’administration américaine du président Reagan, comptait sur le fait que la population s’objecterait aux déficits budgétaires et que le gouvernement n’aurait d’autres choix que de revoir sa structure de dépenses.

L’histoire ne donnera pas nécessairement raison aux partisans de cette stratégie. En fait, on réalise plus tard que la Bête continue de très bien se nourrir : sur le dos des générations futures. En effet, l’administration Reagan participe à une explosion sans précédent de la dette américaine.

Au Québec, il serait risible de croire qu’un gouvernement ait tenté de près ou de loin d’adopter une telle stratégie. Ne sommes-nous pas les plus taxés et imposés en Amérique du nord? Certains croiront que la Loi sur l’équilibre budgétaire de 1996 pourrait s’apparenter à une approche "Starve the Beast". Peut-être... en théorie. Mais considérant que le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard créait deux ans plus tard de nouveaux programmes sociaux (garderies à 5 $ , programme d’assurance-médicaments) qui grugeront pendant encore longtemps une importante marge de manoeuvre, on a le droit de croire que cela manquait de sincérité et de sérieux…

Non. Au Québec, nous optons pour une autre approche : "Stuff the Beast"!

Alors que "Starve the Beast" prive l’État de revenus dans le but espéré qu'il coupe éventuellement dans ses dépenses, "Stuff the Beast" vise à introduire des nouveaux programmes de dépenses dans le but de faire accepter par la population de nouvelles hausses d’impôt et de taxes!

C’est ce que certains analystes américains pensent des plans de relance du président Obama, dont Ross Douthat de la revue Atlantic.

Quelle expression géniale pour décrire le régime fiscal québécois!

Ainsi, après:

- avoir fait grossir l'État comme nulle part ailleurs en Amérique du Nord - 42,3% du PIB vs. 31,4% dans le reste du Canada;

- avoir fait du Québec la région de l'Amérique du nord la plus imposée, taxée et syndiquée;

- avoir créé de nouveaux programmes sociaux déguisés en programmes d'assurance (médicaments, parentale);

- avoir pris des engagements absolument insoutenables à long terme, tant sur le plan de l'universalité des multiples programmes sociaux (santé, garderies), que des retraites à prestations déterminées des employés du secteur public et parapublic;

- avoir fait grimpé la dette publique de façon irrespectueuse des générations futures,

on peut, en toute confiance, parler d'une stratégie "Stuff the Beast" pour le Québec.

Pour en savoir plus sur l’histoire de l’expression "Starve the Beast"

7 commentaires:

Robert Lachance a dit…

Je ne vois pas comment la situation que vous déplorez peut être améliorée par la voie démocratique étant donnée notre structure démographique: ceux qui bénéficient du système sont majoritaires ou dominants, ceux qui le supportent minoritaires.

La classe moyenne à qui revient de fait la tâche de la régénération de la population n'y contribue pas suffisamment, au Québec depuis 40 ans, par manque d'intérêt ou de moyen. le contre-poids devient impossible à moins de recourir à l'autorité de l'État ou de subir le sens des responsabilités de révolutionnaires.

"- avoir créé de nouveaux programmes sociaux déguisés en programmes d'assurance (médicaments, parentale);"

Vous êtes mieux placée que moi pour dire que le programme d'assurances médicaments est un programme social ou un programme d'aide à l'industrie de la maladie ou de la pharmacologie.

C'est un fait que l'assurance parentale n'a pas été conçue pour résoudre notre problème de sous-natalité depuis 40 ans.

garamond335 a dit…

Je n'aime pas l'idée de «stuffer» la bête....
Pourtant, les compagnies privées s'attendent toujours à être supportées dès que ça va mal, à l'aide de nos taxes.
Quand ça va bien : dehors l'intervention gouvernementale !
On voit très bien qui mène dans ces beaux pays démocratiques....

Patrice a dit…

En parlant de bête, je vais vous décrire une situation. Je suis consultant et récemment j’ai soumit ma candidature pour un post de pigiste dans un ministère. Je n’ai jamais vue autant de formalité et de papier à fournir. Envoyer tout cela au centre partagé des ressource humaine du gouvernement du Québec. La, ils regardent si tu répond sur papier aux exigences du poste. Si tous les tits mots clé sont présents, ils envoient ton cv et les autre papiers au minière qui en a fait la demande en premier lieu. La première chose qu’ils regarde à ce point c’est le coût, très bien. Après, à la lecture du cv ils prennent une décision. Je veux lui et lui est engagé. Pas d’entrevue pas de rencontre, rien.

En 15 ans de pratique, je n’ai jamais vue ça. Il y a seulement qu’au gouvernement que l’on peut faire ça.

garamond335 a dit…

@ Patrice : il est donc important de savoir quels mots-clé utiliser si on veut le poste....

Michel a dit…

Salut Johanne,
Je suis tout à fait d’accord avec tes propos.

Ça fait des années que nous avons des gouvernements, qui ne sont pas là pour l’intérêt du bien collectif, mais pour garder le pouvoir.

On crée des programmes sociaux-démocrates, tel que les garderies, l’assurance médicament pour gagner des votes, même si on en a pas les moyens, on donne l’équité salariale a sa fonction publique, ça nous coûte 1.5 milliard et 1/2 milliards récurrents a chaque année, pas grave on va gagner des votes provenant des syndicats, on donne autant de subventions aux entreprises que l’ensemble de toutes les provinces du Canada, pas grave ça nous assure des votes des hommes d’affaires, régimes de prestation déterminés, UPA, etc.

C’est pathétique, ajouter à cela le deuxième plus important problème démographique au monde. Pas important, ce sont les jeunes qui vont payer, qui sera totalement impossible a remboursé, pas grave je ne serai plus pouvoir à ce moment-là.

Je suis extrêmement déçu du constat du Québec et de son avenir. Laisser une province en si piteux état au jeune, est indigne pour un peuple qui se dit fier.

Un homme d’affaires à sa retraite

Yan Fortin a dit…

Bonjour Mme Marcotte!

"Stuff the beast" est une expression que j'aime bien.

Plus je lis et je m'informe, plus je me rends compte que nous sommes dans un cul de sac structurel et corrompu.

Le meilleur moyen d'améliorer son sort est de "sortir" du système et le laisser mourir. Ça fera mal, certains n'aimeront pas mon propos. Ça fait plus de 20-30 ans qu'on sonne l'alarme et pas grand chose se passe.

Il faudra arrêter de se fier au système pour notre santé, nos finances personnels et notre retraite. Désolé, je n'ai que 36 ans et je ne me fie pas à la RRQ et à mon employeur actuel pour mon avenir financier.

Qu'est-ce que je dis quand je parle de "sortir" du système?

Je parle de pouvoir générer des revenues autrement que par le "travail" traditionnel, sans enlever qu'il faut tous contribuer à notre société (philanthropie, bénévolat, etc.).

Il existe des véhicules ou programmes financiers autres que les REER à la banque, il existe une panoplie d'opportunités sur Internet.

Avoir une business de la maison (home business) et être indépendant financièrement est une tendance très lourde et de plus en plus exploré dans les pays développés.

Beaucoup de déductions sont possibles avec une entreprise de la maison pour payer moins d'impôts, la plupart des gens ne le savent même pas!

Encore mieux, c'est d'avoir une compagnie!!! J'ai une compagnie incorporée et je fais tout en mon pouvoir pour payer le moins d'impôts possible et moins contribuer autant que possible à la RRQ, taxes, etc.

C'est la seule façon de changer les choses, laisser aller le système par lui même en contribuant le moins possible à ce dernier.

Même choses pour les intérêts pour les banques (cartes de crédits, hypothèques, etc.), les médicaments chimiques, la consommation, le crédit trop facile, etc. C'est voué à l'échec de toute façon.

Avez vous simplement déjà calculer quel pourcentage de votre salaire va en taxes et en intérêts de tout prêt que vous avez à la banque et carte de crédit? C'est minimum le 2/3 de votre salaire!!! Tu gagnes 40,000$ par année, il reste à peine 13,000 net en bout du compte! Ça c'est ce qu'on appelle se faire ...

Et le plus évident et épouvantable, c'est que nos gouvernements se tournent vers les banques pour emprunter de l'argent, payer des intérêts faramineux pour des services X, Y et Z et ensuite taxer les gens pour payer ces mêmes banques... personne ne voit cela, c'est tellement évident!

Pourquoi les gens ne savent pas ça? C'est parce que plus de 95% des gens en Amérique du Nord lisent moins d'un livre (non fictionnel) par année! Et se tournent vers TQS et le Journal de Montréal pour s'informer...

SVP que je suis heureux sur ma planète!

Editor a dit…

Joanne a écrit "Le gouvernement du Québec a fait grossir l’État comme nulle part ailleurs en Amérique du Nord - 42,3% du PIB vs. 31,4% dans le reste du Canada”. Ca c'est le resultat de l'état providence.

Moralement et économiquement l’état-providence tire la société vers le bas. Moralement, les chances de satisfaire toutes les demandes sociales en forçant le contribuable à payer pour les besoins “sociaux” croissants de la population font en sorte que les gens s’inventent de nouveau droits afin de demander de plus en plus de choses au gouvernement avec de moins en moins de justifications.

Economiquement, les demandes sociales des groupe de pressions comme ceux qui défendent les garderies subventionnées (ou autre) créent des privations ou des épreuves pour tous les autres membres de la société, créant ainsi un mélange inextricable de victimes et de parasites.

Parce que l’ont tient compte des présume besoins et non de la réussite comme critère de sélection pour son financement, le gouvernement sacrifie les membres les plus productifs de notre société en commencent par emprisonner via l’impôt ceux qui sont au sommet de notre économie tout en allant vers le bas où se trouve la classe moyenne.
Quand je parle de besoins plu haut je parle de deux catégories de besoins : les besoins des groupes de pressions exigeant le financement du gouvernement, leurs besoins sont proclamés ouvertement et l’on cherche à couvrir les besoins de quelqu’un d’autre. Il y a un autre besoin que l’on mentionne jamais, c’est les besoins de ceux qui recherche le pouvoir et qui ont besoin de tout ces groupe sociaux comme les garderies à 7$, les groupes de femmes, et les autres afin d’asseoir leur pouvoir. L’altruisme comble les besoins sociaux et l’étatisme comble ceux qui recherche le pouvoir.

L’expression politique de tous ces programmes sociaux qu’on a au Québec (et au Canada) c’est l’étatisme. L’étatisme maintient que la vie et le travail d’une personne appartiennent à l’état et a la société, pour financer tous ses programmes sociaux ou autre etc. et que l’état peut disposer de la personne de son argent (impôts et taxes) pour n’importe quelles raisons qu’il croit être le bien de la société.